31Déc
Christian Vachon
Essais

Portrait d’un héros

« J’ai fait la guerre avec un seul œil, et je ne l’ai pas faite trop mal » – Léo Major, 1921-2008

Léo Major est un soldat, un francophone, un héros, un roc face à l’adversité, comme cette idole des Québécois Maurice Richard.

Léo Major a beaucoup à partager avec le joueur étoile du Canadien de Montréal. Comme lui, il accomplit de fabuleux exploits.  Comme lui, il est tenace. Comme lui, il ose critiquer ses supérieurs.  Comme lui, il est discret sur ses prouesses.  Comme lui, il a eu une « après carrière » beaucoup moins glorieuse.

Mais, contrairement au « Rocket » Richard, Léo Major demeure un héros méconnu au Québec.

Pourquoi ?  Parce que l’armée canadienne ne souhaitait pas mettre en valeur ce soldat d’élite qui n’avait pas en grand estime la hiérarchie militaire ?

Pourquoi ?  Parce que les Québécois ne parviennent pas à se réconcilier avec leur participation « forcée » à la Seconde Guerre mondiale ?  Parce que nous refusons toujours de nous identifier avec ces combattants qui portent un uniforme autre que le nôtre, l’uniforme des Anglais ?

Quoi qu’il en soit, Léo Major a vécu une vie fascinante, et l’historien militaire Luc Lépine nous en livre un portrait éclatant dans sa biographie Léo Major, un héros résilient, publiée, à l’automne 2019, chez Hurtubise.  « Pourquoi a-t-on si longtemps ignoré un tel personnage ? » vous questionnerez-vous en en terminant la lecture.

Luc Lépine consacre, bien sûr, deux excellents chapitres aux exploits extraordinaires du guerrier Léo Major dans deux conflits différents.

D’abord, cette libération à lui seule, en avril 1945, équipé de deux mitraillettes et de dix grenades, de Zwolle, une ville néerlandaise de 50 000 habitants, en faisant autant de bruit qu’une armée, en persuadant le commandant ennemi que « la ville est encerclée ».

Ensuite, cette reprise, au moment de la guerre de Corée, en novembre 1951, de la colline 355, un lieu stratégique, abandonné par les Américains, à la suite d’une attaque de l’infanterie chinoise.  En plein nuit, usant de l’effet de surprise, face à un adversaire cinq fois plus nombreux, Léo Major et ses hommes vont s’en rendre maître en quelques heures.

Le biographe Lépine nous fait également découvrir bien des aspects déconcertants de la vie de Léo Major, ce héros « qui ne l’a pas eu facile ».

Né, non pas au Québec, mais à New Bedford, au Massachusetts, un 23 janvier 1921 (la famille Major revient s’installer à Montréal, dans le quartier Hochelaga-Maisonneuve, seulement en 1924 – on s’apercevra, cinquante ans plus tard, que Léo n’avait jamais obtenu la citoyenneté canadienne), en conflit continuel avec son père, Léo Major quitte le foyer familial dès l’âge de quatorze ans, délaisse l’école et exerce de multiples « jobines ».

La guerre survient.  L’armée lui offre une « opportunité », un exutoire à son tempérament combatif.  Il s’enrôle, volontairement, dès juin 1940.  Il est un bon, un très bon soldat, un « sniper » expert, un tireur d’élite, surnommé, par les Allemands, avec son bandeau de « pirate », le « fantôme borgne », depuis sa blessure, à l’œil gauche, en juin 1944.

Mais il a de sérieux problèmes avec la hiérarchie.  « J’aurais pu être un bon sergent, mais je ne voulais pas.  Vous voyez, être un sergent, vous faites la job d’un officier, et c’est lui qui récolte tout le crédit.  C’est quelque chose que je déteste ».

Son attitude insolente face à l’autorité (deux officiers toutefois, Gustave Taschereau, du Régiment de la Chaudière, et Jacques Dextraze, du Royal 22e Régiment, obtiennent le respect du soldat frondeur) bloque son avancement.  Il est même dégradé (avec baisse de solde ?) à deux reprises, entre février 1952 et octobre 1954.

Il quitte définitivement l’armée en juin 1955.  Sans diplôme, sans plan de carrières, souffrant de problèmes médicaux, aimant un peu trop l’alcool, le passage à la vie civile s’avère chaotique.

De plus, Léo Major est un « taiseux ».  Il n’aime pas parler de la guerre (« je ne suis pas le genre de type à parler avec des gens qui croient que les guerres sont le déroulement d’un grand spectacle »).  Et, « il ne veut surtout pas qu’on le plaigne ».

Il se fait donc oublier, travaille comme concierge à la bibliothèque municipale de Longueuil.  Mais la Hollande ne l’oublie pas, l’invite, à diverses occasions, entre 1970 et 2005, à des cérémonies commémoratives, nomme même, à son honneur, une artère principale de Zwolle.

Léo, après une thérapie guérissant ses traumas, après avoir cessé de boire, en 1990, commence à parler, à ses enfants, de ses souvenirs de guerre. Le héros, longtemps plus admiré, là-bas, aux Pays-Bas, que chez-lui, meurt le 12 octobre 2008.

Tu as été silencieux et débrouillard, comme les hommes de ta génération Léo, celle de nos pères, nos héros.

–  Léo Major, un héros résilient.  L’homme qui libéra une ville à lui seul.  Luc Lépine, Hurtubise

 

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