15Juil
Christian Vachon
Biographies

La vie appréciée, et rapiécée, de Roch Carrier

Il s’est quelque peu absenté, au cours des dernières années,  de l’actualité littéraire Roch Carrier, le remarquable créateur de la pièce La guerre, yes sir !, le rédacteur du mémorable classique de la littérature jeunesse Le chandail de hockey,  le scénariste du premier film pour enfants du Québec Le martien de Noël.

C’est donc, avec grand plaisir, que nous accueillons cette œuvre impromptue, parue chez Libre Expression, Leçons apprises et parfois oubliées, un délicieux constat du bon état de santé narratif de son talent de conteur.  Désireux, on le remercie, de faire œuvre d’originalité, il nous livre une autobiographie qui n’en est pas une, une reconstitution de sa vie en forme de mémoires éclatées :  plus d’une trentaine de petites histoires, des moments magiques, des  épisodes humoristiques ou tendres, des rencontres lumineuses ou douteuses, qui nous font découvrir un parcours d’écrivain des plus inattendus.

Jeune Beauceron (il est né à Sainte-Justine, dans le comté, disparu, de Dorchester :  « le village était petit, mais les gens ne l’étaient pas »), bon petit catholique cherchant réponse au « À combien de messes faut-il assister dans une vie pour être admis au paradis ? », il est confronté, à la fin des années quarante, à son entrée au Séminaire de Saint-Georges, à une autre angoisse existentielle.  Le grand dévoreur, à la bibliothèque de son lieu d’étude, des œuvres d’Homère, de Corneille, de Montaigne s’interroge :  « Faut-il mourir pour devenir un écrivain ? ».

Ses rencontres, au début des années cinquante, avec des écrivains vivants : l’aventurier Jacques Hébert, revenant d’un long voyage en Afrique, le poète Gatien Lapointe, venant du même patelin que lui, Sainte-Justine, le rassurent : on peut fort bien faire carrière dans l’écrit, et vivre vieux.

Muni d’une bourse du gouvernement français, il traverse, au début des années soixante, l’océan, « pour s’entraîner à l’écriture comme Joe Louis s’entraîne à la boxe ».  Il croise, à Paris, Eugène Ionesco qui lui fait une confidence décourageante :  « Jeune homme, la littérature est morte ».

Il n’en tient pas compte, et il a fort raison.  Il fait germer, à son tour, la vie culturelle.   La preuve :  il accompagne, en 1970, le Théâtre du Nouveau Monde dans sa tournée européenne de sa pièce La guerre, yes sir !.   Ils se rendent même derrière le « rideau de fer » de l’époque, à l’invitation de la Tchécoslovaquie.  Un silence complice flotte dans une salle, à Prague, lorsqu’on entend, sur scène, cette réplique :  « C’est la guerre des gros contre les petits ».

Roch Carrier éprouve encore du soulagement à côtoyer des écrivains vivants comme lui.  Il est le passager d’Hubert Aquin (avant son suicide du 15 mars 1977), roulant en fou, avec sa voiture sport, sur le pont Jacques-Cartier.  Il se sent privilégier de partager des heures précieuses, et une bière, avec Al Pittman, cette plume exceptionnelle de Terre-Neuve.

La vie, en dehors de l’écriture, lui enseigne de nombreuses leçons.  Il est candidat, en 1998, à une élection provinciale (« la politique, ça ressemble à l’écriture.  C’est une concentration d’expériences pour inventer quelque chose de meilleur »), condamné au porte à porte et à ce genre d’accueil :  « Une veuve comme moé peut pas cogner du balai sur un garçon poli comme toé ».  Et il reste 14 978 autres visites à faire.

Il est recruté par le gouvernement canadien pour accomplir des missions culturelles, devenant diplomatiques, toutes aussi instructives.  En 1986, lors d’un de ces voyages « touristiques », à Cuba, il reçoit de Raul Castro, le frère de Fidel, ce message personnel à transmettre à l’ancien premier ministre Trudeau :  « Vous avez sauvé notre peuple en envoyant à Cuba vos meilleurs taureaux canadiens ».  Sur une île chilienne, quelques années plus tard, en 2001, lors d’une autre visite en délégation, il y fait cet apprentissage inoubliable sur la rude compétition que livrent les exportateurs de noix contre les cochons.

Il retient bien d’autres enseignements de la vie, déduit qu’elle est faite d’inattendue, comme ce Gaspésien croisé, en 1977, dans le cimetière d’une village présumé abandonné de Saskatchewan, qui lui narre, une lointaine histoire du temps de la guerre, comment il s’est retrouvé là ; ou ce jeune qui l’observe, en 2017, tout le long d’une voyage en train, vers Toronto, et qui, juste au moment de débarquer, lui révèle :  « J’avais bien envie de vous parler, mais j’savais pas qu’est-ce qu’il faut dire à un écrivain ».

Et, au final, Roch Carrier nous dévoile pourquoi il nous gâte si peu de sa plume.  Il est devenu un poète amphionniste, un poète athlétique, qui marche à travers les rues, observe, vit son poème au lieu de l’écrire.

Leçons apprises et parfois oubliéesRoch Carrier, Libre Expression

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