17Avr
Christian Vachon
Littérature étrangère

Vivre 1984 en 2019 ?

George Orwell, supporter anglais d’une milice anarcho-marxiste, le POUM, en pleine guerre civile espagnole, en 1937, a vu l’avènement d’un monde troublant, à Barcelone, où le parti communiste fait la pluie et le beau temps.

« J’ai lu des articles de journaux qui n’avaient aucun rapport avec les faits, pas même le genre de rapport qu’implique habituellement le fait de mentir à leur sujet (…) Ce genre de chose m’effraie, car cela me donne le sentiment que la notion même de vérité objective est en train de disparaître de notre siècle ». Il va écrire, près de dix ans plus tard, un avertissement sous la forme d’un roman d’anticipation, 1984, une mise en garde nous avisons que idées totalitaires peuvent prendre racines « dans les esprits des intellectuels », et que si nous les combattons pas, un Big Brother, ou autre, va triompher partout.

Il faut encore lire 1984 pour ne pas le vivre en 2019, et on peut maintenant le faire dans une édition québécoise, grâce à une toute nouvelle traduction de Celia Izoard.

Pourquoi une autre ? L’an dernier, en France, avant que l’œuvre n’entre dans le domaine public, les éditions Gallimard avaient commandées, eux-aussi, une nouvelle traduction de Nineteen Eighty-Four d’Orwell à la professionnelle Josée Kamoun. Bonne idée ! Le travail d’Amélie Audiberti, de la première édition parue en 1950, comportait de nombreux défauts : des phrases manquantes, des fautes de détail, des contresens nuisant à l’intelligence de l’œuvre. Sauf que Josée Kamoun, « afin de rendre justice au texte d’un point de vue littéraire », va choisir de traduire au présent un récit écrit au passé par Orwell. De plus, « par souci d’exactitude » (!), elle va préférer substituer « néoparler » à la traduction « novlangue » usuelle, en français, depuis les années 1950.

Des choix qui ne peuvent satisfaire plusieurs admirateurs francophones de l’œuvre. Des choix qui vont mener à ce 1984 des éditions, québécoises, de la rue Dorion, avec cette traduction de Celia Izoard qui restitue la « temporalité d’origine » et la « facture classique » du récit d’Orwell, en restaurant «la dimension philosophique et la fulgurance politique dans les termes que des millions de lectrices et de lecteurs francophones se sont appropriés depuis plus d’un demi-siècle ». Bref, « en restant fidèle au projet qu’Orwell définit en 1946 : «Ce que j’ai voulu plus que tout, c’est faire de l’écriture politique un art » ».

Vivons nous 1984 en 2019 ? C’est le questionnement de Celia Izoard dans une postface de cette édition : « 1984 à l’heure de l’emprise numérique ».

En fait, notre monde n’est pas orwellien (le capitalisme « tient bon », et il n’a pas « d’ambiance de rationnement »), tout en l’étant avec cette « utopie de la communication qui s’est bel et bien matérialisée » sous sa forme la plus néfaste : des géants mondiaux qui administrent la vie personnelle de milliards d’individus, et la plupart des informations accessibles. « La numérisation des activités humaines a moins rapproché les individus les uns des autres qu’elle n’a rapproché les individus des machines ».

Le Winston Smith de 2019 ne vit pas « cadenassé dans sa solitude » sous le regard constant d’un Big Brother, mais épié et « conseillé » par le Big Data. Comme dans le roman d’Orwell, nous voilà obligé de mener une gymnastique de l’esprit, à faire « coexister » dans notre tête deux « propositions antagonistes » : notre environnement est entièrement conçu pour sonder nos allées et venues, nos goûts, notre intimité, « en vue de soutirer le plus d’argent possible », mais «à part ça », nous sommes libres. Posons-nous toujours la question : sommes-nous certains que nos pensées nous appartiennent entièrement ?

Nous pouvons y parvenir en permettant à l’esprit critique de subsister. Nous pouvons résister à l’envahissement du Big Data, par la solidarité, par la pratique d’activité, comme le suggère Celia Izoard, non subordonnées aux lois du marché, ou, tout simplement, en soumettant constamment nos pensées mercantiles à l’épreuve du « en ai-je vraiment besoin ? ».

George Orwell a énoncé, avant son décès, dans une mise au point à son œuvre : « Je ne crois pas que le type de société que je décris arrivera nécessairement, mais je crois que quelque chose qui y ressemble pourrait arriver ». Ne permettons pas que 1984 se réalise, là est la morale de son cri d’alarme, « cela dépend de nous ».

1984. George Orwell (nouvelle traduction de Celia Izoard), Éditions de la rue Dorion.

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