Trier par rayon:
« Libérez-nous de nos libérateurs »
Par Christian Vachon, libraire au rayon Essais et documents, 2013/5/23
laquo; Free us from our Liberators ». L’inscription apparaît sur les murs, non de Bagdad en 2006, mais de villes hollandaises au printemps 1946, et les libérateurs en question ne sont pas Américains mais Canadiens. Un an après avoir été libéré des Allemands, les Néerlandais souhaitent un retour à la vie normale. D'armée de libération, les troupes canadiennes sont devenues armée d'occupation : les tensions grimpent avec la population civile. Samy Mesli, de l'Université du Québec à Montréal, éclaire cette zone d'ombre de notre histoire récente dans son texte « “Free us from our Liberators”: l'armée canadienne et la libération des Pays-Bas (1944-1946) », un des articles inédits du dossier thématique sur la Deuxième Guerre mondiale (le premier depuis dix ans) du numéro printanier du Bulletin d'histoire politique (VLB éditeur). Malgré ce que l'on raconte, chercheurs et étudiants québécois portent un grand intérêt à cette période : ils renouvellent l'historiographie, accordant une attention plus particulière aux problématiques sociales et le recul aidant, jetant un regard plus critique quant aux agissements des troupes canadiennes. Nous pouvons souligner le sacrifice des militaires canadiens pour la démocratie (et le succès futur du Gangnam Style en Corée du Sud...) tout en n'occultant pas que les forces du bien peuvent parfois agir mal.
Samy Mesli prend bien soin de préciser dans son « Free us from our Liberators » que les méfaits reprochés aux soldats canadiens n'avaient rien d'extrêmement grave : comportements grossiers, conduites dangereuses sur les routes, marché noir, prostitution, « relations trop proches entre militaires et jeunes femmes hollandaises ». L'historiographie officielle — et ce n'est que justice, il faut le dire — préfèrera se rappeler de ce « Holland's Wild Crazy Summer of 1945 », de ces scènes de liesse populaire, « tournant souvent à l'hystérie », alors que les « libérateurs » canadiens défilent aux Pays-Bas, choisissant d'oublier les soupirs de soulagement des Hollandais au moment du départ définitif des « occupants » le 31 mai 1946. L'historienne de l'université de Carleton Marie-Anne Gagnon expose cette construction de la mémoire dans cet autre article du Bulletin, « La participation canadienne à la libération des Pays-Bas: l'histoire du discours officiel et l'émergence d'une nouvelle historiographie ».
Trois autres textes abordent les relations méconnues entre la France, tant de Vichy que celle de De Gaulle, et le Canada et le Québec durant la guerre et l'immédiate après-guerre. Frédéric Courteaux (« Les missions Dupuy ») nous entretient des tentatives infructueuses de médiation entre Londres et Vichy, en 1940-1941, du Canadien Pierre Dupuy; l'historienne Magali Deleuze (« Le clan français ») souligne les manoeuvres, initiées par George Vanier, d'un clan de fonctionnaires fédéraux en vue d'offrir un soutien politique à la France, tant dans la guerre que dans l'après-guerre; Frédéric Smith (« Propagande gaulliste et front intérieur »), nous reparle, entre autres, de Marthe Richard, cette représentante du Comité France Libre qui a « ouvert sur le monde » la ville de Québec, l'objet de son essai bien accueilli, La France appelle votre secours, publié chez VLB en 2012.
Un dernier texte, « La couverture journalistique de la guerre: conditions et contraintes », d'Aimé-Jules Bizimana, démontre comment censure et autocensure réussissent à mettre « l'information en uniforme ».
Le dossier, toujours d'actualité, de l'enseignement de l'histoire est aussi discuté dans ce Bulletin d'histoire politique, et le sera dans les prochains numéros. « Question nationale ou non », enseigneras-tu? Héritage culturel ou multiculturalisme désireras-tu transmettre?
À consulter :
Le Canada et la Deuxième Guerre mondiale (Bulletin d'histoire politique vol. 21, no.3, printemps 2013), VLB éditeur.
Prix jeunesse des libraires: les «hors Québec»
Par Tania Massault, libraire au rayon Littérature jeunesse, 2013/5/22
La fin de l'année scolaire, c'est aussi l'époque du Prix jeunesse des libraires du Québec. Après de nombreuses lectures, de multiples échanges, des joutes verbales musclées et surtout des coups de coeurs partagés, voici la première sélection du Prix qui fêtera cette année sa troisième bougie. Les finalistes seront dévoilés le 12 juin et par la suite les libraires auront deux mois pour voter pour leurs favoris. Les lauréats seront connus en septembre.
Voici dans ce second article, la fournée étrangère éclectique et unique avec notamment un garçon invisible, un flamant rose, un loup qui zozotte, un roi guerrier, une histoire d'amour qui dure pour toujours, un renard philosophe, un monstre cauchemardesque et même un enfant parfait.
Des idées de lectures pour tous les âges!
Catégorie hors Québec volet 0-4 ans :
— Michael Ian Black (illustrations de Debbie Ridpath Ohi), Je m'ennuie, Seuil Jeunesse;
— Vincent Cuvellier (illustrations de Ronan Badel), Émile est invisible, Gallimard;
— Jean-Marc Derouen (illustrations de Laure du Faÿ), Ze vais te manzer, Éditons Frimousse;
— Lane Smith, C'est un petit livre, Gallimard;
— François Soutif, Bouh!, Kaléidoscope;
— Britta Teckentrup, Monsieur Lion chez le coiffeur, Bayard Jeunesse.
Catégorie hors Québec. Volet 5-11 ans :
— David Almond, Je m'appelle Mina, Gallimard;
— Gilles Bachelet, Madame le lapin blanc, Seuil;
— Thierry Dedieu, Va-t-en-guerre, Seuil;
— Michael Escoffier (illustrations de Kris Di Giacomo), Sans le A: L'anti-abécédaire, Kaléidoscope;
— Thierry Lenain (illustrations Barroux), Quand l'amour court, Les 400 coups;
— Asa Lind, illustrations Violaine Leroy, Le loup des sables, Bayard.
Catégorie hors Québec. Volet 12-17 ans :
— Sarah Cohen-Scali, Max, Gallimard;
— Jean-Claude Mourlevat, Silhouette, Gallimard;
— Patrick Ness (d'après une idée de Siobhan Dowd), Quelques minutes après minuit, Gallimard jeunesse;
— R.J. Palacio, Wonder, Fleuve noir;
— Isabelle Pandazopoulos, La décision, Gallimard;
— Ransom Riggs, Miss Peregrine et les enfants particuliers, Bayard jeunesse.
L'été s'échauffe avec le nouveau Deon Meyer
Par Christian Vachon, libraire au rayon Littérature policière, 2013/5/21
Le nouveau Deon Meyer annonce un été chaud... et angoissant. Avec 7 jours (Seuil), qui va envahir les librairies du Québec le 17 juin, le maître du thriller sud-africain délivre un suspense en crescendo aussi ingénieux et haletant que son 13 heures. Un individu menace par des courriels — et à coups de citations bibliques — d'abattre un policier par jour tant que le meurtre de l'avocate d'affaires Hanneke Sloet n'aura pas été élucidé. Sans indices, sans mobile, sans témoin, une double enquête démarre : dénicher le justicier sniper insaisissable et mettre la main sur l'assassin de la belle trentenaire aux seins refaits. Le compte à rebours débute.
7 jours, c'est le retour de Benny Griessel (Le Pic du Diable, 13 heures), tout juste intégré à cette unité d'inspecteurs, « les Hawks », chargée de cette mission, et qui affiche son 227e jour d'abstinence après treize années d'alcoolisme. Il suspectera un ancien communiste, un libraire en faillite, un ex du KGB homme de main d'un mafieux... En arrière-plan : intérêts politiques et financiers, compromission et corruption. Rien n'est simple dans cette Afrique du Sud, nation arc-en-ciel imparfaite et fragile, mais qui tient tout de même le coup, et Deon Meyer s'en amuse pour notre plus grand plaisir.
Source : « Deon Meyer tient Le Cap », Marianne Payot, sur le site de L’Express.
À paraître :
— Deon Meyer, 7 jours, Seuil.
Prix jeunesse des libraires: une première liste!
Par Tania Massault, libraire au rayon Littérature jeunesse, 2013/5/20
La fin de l'année scolaire, c'est aussi l'époque du Prix jeunesse des libraires du Québec. Après de nombreuses lectures, de multiples échanges, des joutes verbales musclées et surtout des coups de coeurs partagés, voici la première sélection du Prix qui fêtera cette année sa troisième bougie. Les finalistes seront dévoilés le 12 juin et par la suite les libraires auront deux mois pour voter pour leurs favoris. Les lauréats seront connus en septembre.
Voici dans ce premier article, la fournée québécoise pleine d'humour, d'humanité, de surprises, d'aventures et de poésie.
Des idées de lectures pour tous les âges!
Catégorie Québec, volet 0-4 ans :
Ma soeur veut un zizi, Fabrice Boulanger, Éditions de la Bagnole;
L'Abominable, Danielle Chaperon (illustrations d’Iris Boudreau), La courte échelle;
Le petit Gnouf - La magie de l'hiver, Dominique Demers (illustrations de Gabrielle Grimard), Dominique et compagnie;
La grève du bain, Pierrette Dubé (illustrations de Geneviève Després), Les 400 coups;
La moustache du grand-oncle Eustache, Pierrette Dubé (illustrations de Anne Marie Bourgeois), Éditions Imagine;
Au carnaval des animaux, Marianne Dubuc, La courte échelle.
Catégorie Québec, volet 5-11 ans :
Victor Cordi, L’Anomalie maléfique, Annie Bacon, La courte échelle;
Le monde fabuleux de Monsieur Fred, Lili Chartrand (illustrations de Gabrielle Grimard), Dominique et compagnie;
Le secret des dragons, Dominique Demers (illustrations de Sophie Lussier), Dominique et compagnie;
La télévision de grand-papa, Francine Labrie et Marc Mongeau, Bayard Canada;
Mingan mon village, Poèmes d'écoliers innus illustrés par Rogé, Éditions de la Bagnole;
L'enfant des neiges, Élisabeth Vonarburg, éditions du Phoénix.
Catégorie Québec, volet 12-17 ans :
15 ans ferme, Laurent Chabin, Hurtubise;
Psycho boys, Michel J. Lévesque, Hurtubise;
Le cri, Martine Latulippe, Québec Amérique;
Les voleurs de mémoire, André Marois, La courte échelle;
Ne me regarde pas sur ce ton, Élyse Poudrier, Québec Amérique;
Le cri de Léa, Jean-François Sénéchal, Leméac.
Quand le Pacifique engloutit les paradis
Par Christian Vachon, libraire au rayon Essais et documents, 2013/5/16
Les habitants du Kiribati vivent l'enfer : l'archipel du Pacifique — 110 000 habitants, une république, membre de l'ONU depuis la décolonisation des Britanniques en 1979 —, menacé par le rechauffement climatique et la montée des eaux, risque de périr par submersion à moyen terme. Le péril est tel que le président du pays Anote Tong songe sérieusement à acquérir des terres aux Fidji voisines pour y faire déménager la population. Menace exagérée ou non —Maldives et Seychelles dans l'océan Indien sont aussi exposées au même sort —, l'étrangeté de la situation a donné l'envie à Julien Blanc-Gras, « journaliste au long cours et écrivain “géonévropathe” », d'enquêter sur place. Il vient de publier sa chronique tendre et ironique de son séjour là-bas : Paradis (avant liquidation), un ouvrage publié chez l'éditeur français Au Diable Vauvert et disponible au Québec dès la mi-juin.
Son récit est loin d'être triste. Bien sûr, il a un côté alarmiste et on n'échappe pas aux topos écologistes déprimants, mais Blanc-Gras porte un regard plein d'humour et poétique, jamais sarcastique, souvent empathique, sur les habitants et leur histoire. « Il existe un fatalisme qui se dégage du pays et en même temps le quotidien est joyeux, ça se manifeste par la passion du chant. »
Une sorte de « Voyage en Absurdie » que ce Paradis (avant liquidation). Un paradis les îles Kiribati? Les plages sont dégueulasses et les lagons tellement pollués que la baignade y est déconseillée. Les gens se construisent des digues à l'aide de bouts de bois et de pneus. Les deux seules ressources naturelles dont regorge le pays sont la noix et le thon. « Mais ils sont importés », produisant davantage encore de déchets, avec les boîtes de conserve et consumant du gaz carbonique pour le transport. Le paradis, c'est peut-être que le Kiribati est une zone oubliée de la société du spectacle où « les habitants ne savent pas pour la plupart qui est Lady Gaga ».
Ah oui! Passionnés d'histoire et/ou de bandes dessinées vont allumer en apprenant le nom de la capitale de l'archipel: Tarawa. Japonais et Américains s'y sont gaillardement entretués au siècle précédent, récit raconté dans l'album Tarawa, atoll sanglant de la série Buck Danny.
Sources :
- Livres Hebdo, no. 951: 26 avril 2013;
- Le site 20 minutes;
- Julien Blanc-Gras, Paradis (avant liquidation), Au Diable Vauvert.
Une médaille et une bourse pour Mario Brassard
Par Librairie Pantoute, libraire au rayon Poésie / théâtre, 2013/5/15
C’est une semaine de prix littéraires! Ces derniers jours, en plus des huit Prix des Libraires du Québec (deux pour les adultes, six pour la jeunesse), c’était le moment d’annoncer le gagnant du prestigieux prix Émile-Nelligan, donné chaque année à un jeune poète par la fondation du même nom.
C’est Mario Brassard, poète et auteur de romans pour la jeunesse, qui a remporté le prix grâce à Le livre clairière, son troisième recueil à paraître aux Herbes Rouges. Le gagnant du prix reçoit une médaille à l’effigie de Nelligan, ainsi qu’un bourse de 7 500 $.
Bravo!
Source : ledevoir.com
À consulter :
Mario Brassard, Le livre clairière, Herbes Rouges.
Le «PDL» Québec pour La fiancée américaine
Par Librairie Pantoute, libraire au rayon Littérature Québécoise, 2013/5/14
Après avoir connu un très vif succès auprès des lecteurs, critiques et libraires, et après avoir remporté le Prix littéraire des collégiens, Éric Dupont a gagné ce lundi le Prix des Libraires du Québec avec La fiancée américaine, son roman paru l’automne dernier chez l’éditeur Marchand de feuilles.
Félicitations!
À consulter :
Éric Dupont, La fiancée américaine, Marchand de feuilles.
François Blais, Document 1, L’instant même.
Wajdi Mouawad, Anima, Leméac/Actes Sud.
Éric Plamondon, Mayonnaise, Le Quartanier.
Marc Séguin, Hollywood, Leméac.
Les frères Sisters se sauvent avec le PDL!
Par Librairie Pantoute, libraire au rayon Littérature étrangère, 2013/5/14
C’est un auteur canadien et son éditeur québécois qui ont remporté le Prix des Libraires du Québec dans la catégorie « Hors Québec », qui était attribué hier soir au Lion d’Or, à Montréal. Patrick deWitt, avec Les frères Sisters (éditions Alto) a donc remporté la palme devant La vérité sur l’affaire Harry Quebert (Joël Dicker, de Fallois/L’Âge d’Homme), Rue des voleurs (Mathias Énard, Actes Sud/Leméac), Le sermon sur la chute de Rome, Jérôme Ferrari, Actes Sud) et En vieillissant les hommes pleurent (Jean-Luc Seigle, Flammarion).
Félicitations!
À consulter :
Patrick deWitt, Les frères Sisters, Alto.
Joël Dicker, La vérité sur l’affaire Harry Quebert, de Fallois/L’Âge d’Homme.
Mathias Énard, Rue des voleurs, Actes Sud/Leméac.
Jérôme Ferrari, Le sermon sur la chute de Rome, Actes Sud.
Jean-Luc Seigle, En vieillissant les hommes pleurent, Flammarion.
Décès de Vickie Gendreau
Par Isabelle Beaulieu (lelibraire.org), libraire au rayon Littérature Québécoise, 2013/5/14
Elle aura publié peu de choses mais on la nommera écrivaine puisqu’elle avait l’élan, le talent, les mots pour le dire, qui auront au moins eu le temps de se rendre jusqu’à nous – comme quoi la vie n’est pas complètement injuste.
Par l’entremise de l’autofiction Testament, puis bientôt de Drama Queens, qui sera publié chez son éditeur, Le Quartanier, au printemps 2014, nous avons connu Vickie Gendreau, jeune femme de 24 ans portée par une fièvre littéraire qui l’aura tenue jusqu’au bout puisque quelques jours avant sa mort elle invitait ses lecteurs à une lecture publique de son dernier concerto.
En fin de compte, la maladie a fini par emporter l’écrivaine le 11 mai dernier, malgré les espoirs qui étaient venus durant son parcours. Il aura fallu moins d’un an entre le diagnostic de la tumeur au cerveau et le décès de Vickie Gendreau. On la compare déjà à Marie Uguay, cette poétesse éprise de la vie, morte jeune, chopée aussi par la maladie. C’est que Gendreau a de la gueule et de la veine d’écrivain, c’est certain : « Je suis cette littérature, la littérature honteuse et pleine de regrets. J’ai les paupières cochonnées d’avoir trop souvent fermé les yeux, d’avoir eu trop souvent à le faire ».
En septembre dernier, en entrevue à La Presse, elle exprime son sentiment d'urgence quand elle apprend la nouvelle de sa maladie : « C'était impératif. Tous les méandres de ma vie qui m'ont menée là, mon quotidien, tout ça ne servait à rien. Il fallait que ça passe par la littérature avant tout. (...) Je me suis dit que, si je devais mourir, je voulais léguer quelque chose. »
Dans son livre Testament, Gendreau met en scène sa propre mort et imagine ce que ses proches en diront, en penseront. Chère Vickie, même si nous sommes ravis que tu l’aies fait, pas besoin d’écrire un roman pour ça : ils regretteront de ne pas avoir pu en avoir plus, de toi, de ton écriture, de ta force et de ta fougue. Surtout, merci d’être passée.
Source : la revue Le Libraire.
À consulter :
— Vickie Gendreau, Testament, Le Quartanier.
Photo de l'auteure : Christian Blais / Le Quartanier.
Ceci n'est pas une biographie
Par Christian Vachon, libraire au rayon Arts, 2013/5/13
Serge Fiori: s'enlever du chemin (éditions du CRAM) n'est pas une biographie. On parcourt, bien sûr, la carrière de ce grand artiste, de sa « jeunesse à l'italienne », solitaire et sombre, vers les sommets et la consécration du groupe Harmonium, puis sa descente aux enfers. Mais S'enlever du chemin est un exercice thérapeutique, une oeuvre de guérison pour Serge Fiori, un voyage en profondeur dans ses souvenirs, avec ses zones d'ombre et de lumière, une revisite de sa vie qui devrait l’aider à renouer avec son public lors de la sortie de son nouvel album, à l'automne 2013.
Ce titre, S'enlever du chemin, c'est un choix de Fiori. « J'ai compris très jeune que la seule façon d'être vraiment soi-même, c'est de s'enlever du chemin ». Refusant d'être « arrogant face à la multitude », souffrant de terribles angoisses avec le succès d'Harmonium, surtout après l'accueil de l'album l'Heptade — « il vit l'enfer en apparaissant devant une caméra » —, le musicien s'abstient, à partir des années 80, « d'aller à la rencontre de son public afin de percevoir ce fleuve à l'intérieur de lui ». Il en fait un art de vivre, préférant cacher les raisons de son départ de la scène artistique. Son isolement suscite malentendus et malaises. Louise Thériault, amie intime, et, aussi, thérapeute en relation d'aide, l'aime trop et s'inquiète. Elle l'approche. Elle va l'écouter pendant deux ans. Il va se mettre à nu. Son ancienne amoureuse va également obtenir les confidences de nombreuses relations de Fiori, rendant ce portrait encore plus complet. L'ouvrage accumule les révélations douloureuses : son affection pour son père et la tragédie de son décès, l'échec amoureux de sa liaison avec Nanette Workman, le réconfort dans l'alcool... On survit à cette lecture, plein d'admiration pour cet artiste à la fois créatif et fragile, modèle du génie frôlant la folie.
Serge Fiori revient parmi nous. Il accepte même — une première — de consulter un psychiatre pour soigner ses troubles anxieux. S'enlever du chemin n'est pas une bio, c'est le retour sur le chemin du monde de Serge Fiori.
À consulter :
— Louise Thériault, Serge Fiori: s'enlever du chemin, éditions du CRAM.
1100, rue Saint-Jean
Québec (Qc) Canada G1R 1S5
Téléphone : (418) 694-9748
Télécopieur : (418) 694-0209
librairie@librairiepantoute.com
286, rue Saint-Joseph Est
Québec (Qc) Canada G1K 3A9
Téléphone : (418) 692-1175
Télécopieur : (418) 692-1021
st-roch@librairiepantoute.com
Téléphone : (418) 614-2722
commandes@librairiepantoute.com
Webmestre:
webmestre@librairiepantoute.com















