2Nov
Christian Vachon
Politique

« Je ne suis pas pour, ni contre, bien au contraire » et autres citations, bien incomprises, du monde merveilleux de la politique québécoise

« L’ennui dans le monde, c’est que les idiots sont sûrs d’eux et les gens sensés pleins de doutes » – Bertrand Russell

Olivier Niquet, chroniqueur bien aimé à Radio-Canada, avait égayé notre morne saison automnal, l’an dernier, avec son recueil de citations sportives Dans mon livre à moi. Il récidive, à notre plus grande joie, un an plus tard, exploitant un univers tout aussi riche en exploits verbaux que celui des hockeyeurs, avec Le club des mal cités (chez Duchesne et Du Rêve) : plus de 400 citations de politiciens, fruit d’une recherche « établie sur environ six ans, entre 2012 et 2018 », une compilation délirante et renversante. Les Camil Samson, Réal Caouette, Jean Chrétien, nos champion d’antan de la formule «toute croche », ont de la relève, rassurons-nous ! Ne mentionnons, au passage, que ce Sam Hamad (à la retraite, malheureusement, depuis peu), « au cerveau plus vite que la langue », à qui l’on doit, en août 2015, cette équivoque citation du titre (« Je ne suis pas pour… », et bien d’autres sentences du genre : « Je l’ai jamais fait et je le referai pas » (avril 2016).

Ils excellent, nos hommes et femmes politiques d’aujourd’hui, dans la syntaxe douteuse, dans les dictons mal assortis (Mona Fortier, du Parti libéral fédéral : « Ben moi je pense qu’il faut qu’on prenne, comme on dit, la charrue par les bœufs » (avril 2017)), dans les « contradictions comiques », ou dans ses fausses analogies où s’échafaudent des images « qui ne valent pas mille mots » (Sylvain Gaudreault, du PQ : « Il coulerait du Quick aux fraises et on serait contre le projet Énergie Est » (février 2016)).

On les adore aussi, nos politiciens, quand ils délaissent la cassette, et révèlent, bien malgré eux, il faut l’avouer, le réel fond de leur pensée : Luc Blanchette, du Parti libéral du Québec : « Vous savez le Grand nord, c’est pas une clientèle de Walmart, c’est vraiment une clientèle triée sur le volet » (mai 2018) ; Alupa Clarke, Parti conservateur du Canada : « Moi, ce qui se passe avec les Palestiniens et les Israéliens, je m’en fous complètement » (mai 2018) ; François Blais, PLQ : « Il serait très maladroit de la part du gouvernement d’investir en éducation. On va investir des sommes, mais de manière intelligente » (octobre 2015).

On y trouve donc de tout dans ce Club des mal cités », «on y parle de corruption » ( Bernard Trépanier, ex-grand argentier d’Union Montréal : « Un chum, c’t’un chum » (mars 2013, à la commission Charbonneau)), « de religion, de féminisme, d’indépendance, d’environnement, et même de gastronomie » ( Gabriel Nadeau-Dubois, Québec Solidaire : « Il faut cesser de traiter les enfants comme des pommes et leur dire : Toi t’es une bonne pomme, toi t’es une pomme à compote » (novembre 2017) ; Jean Lapierre : « J’dirais que l’appui de Mélanie Joly est étendu un petit peu comme du Cheez Whiz sur une toast chaude. Tu comprends, t’as pas de mottons » (octobre 2013)).

Pas de discrimination chez Olivier Niquet. Il n’épargne personne. Il tente de décrypter, sur la scène fédérale, Justin Trudeau ( et cette sentence de septembre 2015 : « Il continue d’esquisser la question de pourquoi le Canada n’est pas en train d’être le pays que les gens à travers le monde ont toujours vu le Canada comme étant »), ou Mélanie Joly (qui nous offre, en avril 2016, ce « On doit la créer en créant le bon écosystème. Et donc nos investissements vont permettre le développement de cet écosystème-là. Pour nous, nos artistes, nos journalistes, les gens qui sont dans le domaine de la culture sont la faune et la flore en fait de cet écosystème-là »).

Il parvient même à nous faire frémir avec la rhétorique de Maxime « Mad Max » Bernier qui « fait simple » : « C’est pas le rôle de l’État d’avoir un hamac pour régler tous les problèmes de la société » (septembre 2015) ; « Lorsqu’on plait à tout le monde, on déplait à tout le monde » (mai 2016), et celle de son pendant « à droite toute », au provincial, Adrien Pouliot : « La gauche, ça veut dire quoi, ça veut dire plus d’État ? L’État, ça appartient à personne, donc c’est inefficace « (décembre 2011).

Il y a ainsi des membres sélects, sur la scène politique québécoise, de ce « club des mal cités », particulièrement du côté des libéraux, Rappelons-nous de ce Philippe Couillard qui aimait bien se contredire : « Pour le renouveau, ça prend de la continuité » (juin 2018) ; « J’insiste sur le caractère normal de ce caucus exceptionnel » (juin 2016), ou de cette Francine Charbonneau, à la syntaxe créative : « Avoir l’obligation occasionne peut-être des choses un peu malencontrantes » (octobre 2016). N’oublions surtout pas, non plus, Gaëtan Barrette au formule choc quelque peu choquante : « On déifie le bain. Le bain est élevé au summum de tous les soins d’hygiène, alors que ce n’est pas le cas » (mai 2016).

Olivier Niquet s’attarde également à cette scène municipale qui regorge de politiciens sachant parler des « vraies affaires », notamment ce François Saint-Amour, maire de La Nation : « J’aime pas ça me faire déclarer de sexiste. Je ne le suis pas, je ne le serai jamais. J’aime les femmes, j’en ai marié une. » (novembre 2017). Difficile, d’ailleurs d’ignorer les « épitres » du maire « là là » de Saguenay Jean Tremblay : « On n’a pas besoin d’afficher le poste quand on a le meilleur. Quand j’ai rencontré ma femme, je n’ai pas affiché l’emploi » (avril 2016) ; « Prends la création de l’univers dans sept jours, bon ben apparemment la première journée aurait duré 250 millions d’années parce que le temps avait pas la même force, c’était pas pareil » (octobre 2016) ; « Mais moi les non-croyants ; j’y crois de moins en moins » (mars 2017).

Même les journalistes ont droit d’adhésion à ce « club des mal cités » : Anne-Marie Dussault : « Alors on suit les Trump de monsieur Tweet » (février 2018, à RDI) ; Michel C. Auger : «Une chatte n’y retrouverait pas son niqab » (octobre 2017, à Radio-Canada) ; Yves Désautels : « Peut-être qu’ils vont faire preuve d’un peu de laxatisme » (novembre 2014, à Radio-Canada).

Toute cette confrérie des mal cités aurait intérêt, finalement, à s’inspirer de ces paroles de sagesse d’Abraham Lincoln : « Mieux vaut rester silencieux et passer pour un imbécile que parler et n’en laisser aucun doute ».

Soyons indulgents, malgré tout, et admettons, tout comme Olivier Niquet, que « ceux qui se mouillent et font face à la musique ont toute (notre) admiration ».

Le club des mal cités. Olivier Niquet, Duchesne et Du Rêve.

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