8Nov
Christian Vachon
Histoire

De consistantes tranches d’histoire

Donner du sens à la succession folle des événements, c’est à cette tâche que s’attellent les historiens Polybe, Tite-Live, Sima Qian et leurs héritiers depuis deux millénaires. C’est la mission également de L’histoire : les grands concepts expliqués, publié au Québec chez Marcel Didier (une traduction de The History Book). L’équipe d’une demi-douzaine d’historiens britanniques qui a rédigé cet ouvrage sous forme d’album s’est donné aussi pour objectif d’offrir au lecteur un voyage dans le temps des plus attrayants (les illustrations et les schémas pullulent), livrant des explications simples aux théories les plus complexes.

Ils ne prétendent pas faire une histoire totale. Ils proposent plutôt une vue d’ensemble du parcours de l’humanité et des civilisations, « à travers un certain nombre de moments ou d’événements qui sont autant de fenêtres ouvertes, ou de coups de projecteurs, sur différentes périodes du passé ».

Plus d’une centaine d’événements, donc, ont été retenus (le code d’Hammourabi, le couronnement de Charlemagne, la chute de Constantinople, le Krach de Wall Street,…), révélateurs ou déclencheurs de grands bouleversements historiques s’étendant, pour certains, sur une décennie ou deux, pour d’autres sur plusieurs siècles; des bouleversements retracés, avec clarté et concision, sur deux ou quatre pages (quelquefois, une page va suffire; parfois, plus rarement, la gravité du changement va exiger six pages d’explication).

L’album s’ouvre avec les origines de l’humanité et la préhistoire (l’homme n’est qu’une espèce parmi d’autres, une espèce d’à peine quelques dizaines de milliers de représentants) et s’achève sur l’explosion démographique de cette espèce humaine en 2011 avec une population mondiale dépassant le sept milliards, une explosion aux multiples conséquences alimentaires et environnementales. Les auteurs ne conçoivent pas le parcours de l’homme en termes de progrès successifs.

Les concepteurs tentent aussi d’éviter une vision trop « euro-centriste » de cette histoire « universelle » divisée en cinq grandes périodes historiques.

Dans « Les civilisations anciennes : 6 000 av. J.-C. – 500 apr. J.-C. », on fait état, bien sûr, de l’émergence, vers 507 av. J.-C., de la démocratie athénienne (« L’État, chez nous, est administré dans l’intérêt de la masse et non d’une minorité »), et de la fin de la République romaine (avec l’avènement d’Auguste. Suétone : « il se vantait d’avoir trouvé une ville de briques et d’en avoir laissé une de marbre »). Mais on ne néglige pas non plus l’importance, loin de là, de l’unification de la Chine par le « premier empereur » Qin, en 221 av. J.-C., qui va, par la même occasion, forcer une homogénéisation culturelle de la population (« Si l’empereur Qin avait gouverné le monde entier, le monde entier se serait retrouvé en prison ».

On s’attarde longuement aussi, dans « Le monde médiéval : 500-1492 », à la « Révélation » confiée à Mahomet (vers 610) (« La vérité est venue et l’erreur a disparu »), à la fondation de Bagdad (vers 762) (six pages consacrées à l’âge d’or islamique) et (six pages également) à la dynastie Ming en Chine (fondée en 1368 par l’empereur Hongwu : « Je me suis efforcé d’assumer le mandat du ciel »).

« Le début de la modernité : 1420-1795 », c’est d’abord, évidemment, avec la « découverte » du Nouveau Monde par Colomb, cette Renaissance italienne soulignée par la construction du dôme, conçu par Brunelleschi, de la cathédrale Santa Maria del Fiore à Florence : « Les Anciens n’ont jamais construit un édifice aussi haut ». C’est également, en 1602, l’ouverture de la Bourse d’Amsterdam : « Il n’est pas un recoin où l’on ne discute d’actions », acte de naissance, si l’on peut dire, du capitalisme spéculatif. C’est, enfin, cette publication, en 1751, de L’Encyclopédie par Diderot et d’Alembert qui porte et stimule le mouvement des Lumières.

« Le changement des sociétés : 1776-1914 », c’est celui qu’accéléra la première révolution industrielle (la locomotive Rocket entre en service en 1830 : « La vie sans industrie ne vaut rien »), et l’impérialisme économique (avec sa finance mondialisée et sa ruée vers les minéraux), ce dernier facilité par le creusement du canal de Suez, entre 1850 et 1869.

Le monde moderne, le nôtre, de 1914 à nos jours, reste encore traumatisé par la Première Guerre mondiale (« Plus aucun signe de vie (…). Pas un seul oiseau, pas même un rat ou un brin d’herbe », écrit R.A. Colwell, combattant à Passchendaele en 1917), et par la Seconde (« Quand on commence une guerre, ce n’est plus le droit qui compte, mais la victoire » : Hitler envahissant la Pologne en 1939), mais deux autres événements auront, à long terme, un impact durable sur le nouvel ordre du monde et notre façon de vivre : la « longue marche » de Mao et la naissance du parti communiste chinois, en 1934-1935 (« La longue marche est un manifeste, un instrument de propagande et une machine à semer »), et le lancement du premier site web, en 1991 (« Ce sur quoi vous surfez change le monde »).

Deux grands « perdants » de l’histoire, les empires aztèque et inca, ne sont pas oubliés (La fondation de Tenochtitlan en 1325 : « Donne à boire au Soleil le sang de tes ennemis »), et on prend toute la mesure de ce choc gigantesque que fut l’échange dit colombien (échange de végétaux, de techniques, de microbes,…) à partir de 1492 : « Tous les arbres sont aussi différents des nôtres que le jour de la nuit ».

L’Afrique, toutefois, demeure ce continent « en marge » de l’histoire. Elle entre pourtant en scène dès les débuts (Homo sapiens apparaît d’abord en Afrique, il y a environ 200 000 ans), va même resplendir avec l’Égypte des pharaons, avant de s’estomper pendant les siècles suivants. Elle fait de brèves réapparitions ici et là : le commerce et l’Islam en Afrique de l’ouest à l’ère médiévale, les origines de la Royal African Company, en 1660, et la fourniture d’esclaves « nègres » aux colonies, le Slave Trade Abolition Act de 1807, la conférence de Berlin de 1884 et le partage de l’Afrique (« J’annexerais les autres planètes si je le pouvais », écrit Cecil Rhodes), et deux pages sur l’Afrique postcoloniale dans la seconde moitié du XXe siècle.

La prise de Québec en 1759 (et la Guerre de Sept-Ans) a toutefois droit à une page et on mentionne même le mouvement séparatiste québécois (interprété comme une lutte d’une nation contre « une puissance occupante ») dans un paragraphe concluant la thématique de la « fin des empires coloniaux » (une ère s’ouvrant avec l’indépendance et la partition de l’Inde en 1947).

La perspective historienne, surtout dans le traitement des événements européens et coloniaux, se révèle parfois très anglo-saxonne. L’exécution de Charles 1er , en 1649 (« Nous couperons cette tête avec la couronne qui est dessus ») a droit à ses deux pages, alors que Henri IV, et son édit de Nantes de 1598, n’est évoqué que dans le thème des guerres de religion. La signature de la déclaration d’indépendance américaine en 1776 et les bouleversements qui suivent ont droit à un traitement aussi long (4 pages) que la prise de la Bastille en 1789 et la Révolution française. Quatre pages aussi seront consacrées à la Guerre de Sécession américaine (et l’œuvre inachevée de Lincoln) entre 1861 et 1865, alors que Napoléon et sa bataille de Waterloo en 1815 seront résumés en deux pages. Plutôt que l’Algérie et sa guerre d’indépendance, on préfère mettre en valeur l’Inde et sa partition pour aborder la question de la fin des empires coloniaux. Nkrumah, qui obtient l’indépendance du Ghana en 1957 sert d’introduction à la thématique de l’Afrique postcoloniale, plutôt que l’exemple de Sékou Touré, pour la Guinée en 1958, ou celui de Patrice Lumumba, pour le Congo en 1961.

Jeter un regard sur l’histoire, c’est aussi jeter un regard sur l’écriture de l’histoire.

À consulter :

L’histoire : les grands concepts expliqués, Marcel Didier.

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